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    Rat de Terre (1948):
     

    Le Rat de Terre est très astucieux et fait preuve de beaucoup de sang-froid. Il prend rarement de risques inutiles et, pour améliorer sa situation financière, il agit méthodiquement, ne laissant rien au hasard. Le Rat de Terre n'est probablement pas aussi aventureux que les autres types de Rats. Il préfère évoluer dans un environnement familier plutôt que de s'aventurer en pays inconnu. D'un côté, il est talentueux, consciencieux et bienveillant envers ceux qu'il aime; de l'autre, il est un peu trop préoccupé par son image. 


     CHENGYU  

Pinyin : ài bù shì shǒu

Traduction : aimer tellement une chose qu'on ne peut pas la lâcher

Introduction aux Chengyu

   Les chéngyǔ (成語/成语) sont des expressions proverbiales chinoises à quatre caractères écrits en 文言 wényán (langue littéraire et artificielle classique en usage majoritaire pour le chinois écrit depuis la plus haute Antiquité jusqu'en 1919 ; on pourrait comparer le wényán au latin tel qu'il fut utilisé en Occident dans le domaine scientifique jusqu'à récemment). De fait, les chéngyǔ ne respectent pas la grammaire et la syntaxe du chinois parlé actuel, sont très compacts et synthétiques et peuvent même être illisibles pour un Chinois n'ayant pas étudié la langue classique.

 Souvent, ces chéngyǔ se réfèrent à un épisode mythologique ou historique précis qu'il faut connaître pour les déchiffrer ; c'est le cas pour l'un des plus célèbres : 杯弓蛇影 bēi gōng shé yǐng soit, mot à mot, « tasse / arc / serpent / reflet », que l'on ne peut comprendre que si l'on connaît l'histoire de cet homme apeuré par le reflet () de son arc () dans sa tasse (), reflet qu'il a pris pour un serpent ()... L'expression est synonyme de « poltron ». On le voit, le chéngyǔ en question n'est qu'un résumé des temps forts de l'anecdote ; ce n'est pas réellement une phrase mais une liste de mots-clefs.

  De même, le chéngyǔ 破釜沉舟 pò fǔ chén zhōu n'indique que la liste suivante : « briser / chaudron / saborder / bateau ». L'anecdote historique à connaître est la suivante : un général avait ordonné à ses troupes de détruire tous les ustensiles de cuisine (破釜) et de saborder les bateaux (沉舟) après avoir franchi la rivière ennemie, de manière à bien montrer sa confiance en la victoire, toute possibilité de retraite ou de repli étant devenue impossible. Il gagna la bataille. Le chéngyǔ traduit donc en quatre caractères l'idée d'une confiance absolue dans sa propre victoire  

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Bonjour à tous,

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                                                                                                                  et aussi

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échanger nos idées, nos expériences (les bonnes et les mauvaises), nos impressions après un stage ou autre, nos délires, nos photos, nos coups de coeur ( musique, expos, ciné....)faire des propositions et  bien d'autres choses....

à vous et à nous de le faire vivre,

à vos claviers........    


Analogie:

" Si vous me demandez à quoi m'ont servi toutes mes années de dessin, je pourrais répondre la tête haute. Car le dessin est une discipline intellectuelle dans le cadre de laquelle le travail porte ses fruits. En dessin, on progresse tout au long de sa vie. On sait exactement le chemin qu'on a parcouru. Tous nos dessins du passé sont contenus dans le dessin qu'on exécute aujourd'hui. Mais si vous me demandez où j'en suis avec la couleur, je serai obligé de vous dire que je n'en sais rien. Sans doute pas plus avancé qu'il y a cinquante ans."

Quentin Blake


Ce blog est là pour mieux faire connaître notre association:

 l'Ecole de Tai Ji Quan Côte Basque      

La date de fin de stage est modifiée
fin de stage 29 Août au lieu du 30 Août

Horaires :

 ( Stage à la carte: Stage complet ou à la demi-journée)

Matin: 9h30 à 12h30 (Tai ji quan - Qi gong)

Après-midi: 15h30 à 16h 30 [Travail à deux (Applications martiales, Tui shou)] 

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Samedi 5 juillet 2008

Au printemps dernier, une flambée des prix a suscité la panique dans le pays. Depuis, les Chinois s'inquiètent

la fin de l'hiver 2008, les dirigeants chinois découvrirent qu'une chose ne tournait pas rond. En six mois, sur les marchés, le prix du porc venait de monter de 80 % : les ménagères tentaient en vain de marchander, puis commandaient quelques dizaines de grammes et non par livres comme d'habitude. La hausse folle touchait, par effet boule de neige, les ?ufs, la farine, l'huile, surtout le riz.
On assista à un début de panique. À Canton, à Shanghai, les supermarchés durent limiter les ventes autorisées à un sac de 25 kilos de riz par acheteur. Même à ce prix, tous les matins, passé 10 heures, les rayons étaient vides : un vieux réflexe qu'on croyait oublié refaisait surface, celui du stockage, en vue de disette !

Une riposte fulgurante. Très vif, le Premier ministre, Wen Jiabao, descendit à Hong Kong : enclave qui préférait le riz de Thaïlande, laquelle venait de fermer ses portes à l'exportation. Wen affirma à la télévision que les greniers chinois avaient 6 mois de réserves (250 millions de tonnes), et en enverraient à Hong Kong chaque fois que nécessaire.
Trois jours après, des trains entiers de farine et de riz des silos d'État arrivaient dans le Sud, faisant dégonfler les prix : la Chine venait de démontrer qu'elle, au moins, ne connaissait pas la pénurie !
Peu après, le ministère de l'Agriculture transformait l'essai en publiant la récolte d'été, excellente, comme partout dans la région : 120 millions de tonnes (+ 2,4 %), et pour toute l'année plus de 500 millions de tonnes? La crise était vaincue - pour l'instant !


Des fondamentaux non durables. Cependant, l'alerte continue à clignoter à la Bourse de Chicago, qui sait que Pékin, pour la première fois en neuf ans, ne va plus exporter de maïs, au moins cette année. C'est que son agriculture prend, depuis vingt ans, les coups d'une prodigieuse mutation.
Par centaines de millions, les paysans montent à la ville (déjà 56 % de la population, 700 millions d'habitants). Ils quittent le riz pour le pain et exigent de la viande, des œufs, de la bière, produits grands dévoreurs de céréales. Sans compter l'arrivée de la voiture, dont 10 millions seront achetées cette année, et comme le pétrole ne suffit pas, dès l'an dernier, 3 millions de tonnes de maïs ont troqué le supermarché pour la station-service, transformées en éthanol.
Les « ceintures vertes » des villes disparaissent sous le béton. Depuis 1978, la terre cultivable a chuté de 121 millions d'hectares à 105 en 2006. C'est la limite, alors que la Chine n'a que 7 % de son territoire cultivable.

Pénurie d'eau. Enfin, la Chine, qui n'a qu'un quart de la ration mondiale d'eau, la gaspille. 70 % va aux champs. Avec le manque, des millions d'hectares ne sont plus arrosés. La nappe aquifère a baissé à 100 mètres, parfois à 1 000 mètres. Dans vingt ans, elle sera vide. Tout se passe comme si, sous l'angle alimentaire, la terre chinoise ne pouvait pas supporter une si lourde population.
Courant mai, l'économiste américain Leister Brown alertait Pékin : sous dix ans, la Chine devrait acheter jusqu'à 10 % de son grain, 50 millions de tonnes, ou la totalité du marché libre mondial? Au risque d'affamer les pays pauvres d'Afrique ou d'Asie, incapables de payer?
Dans un domaine, au moins, cette « fiction » est déjà la réa- lité : la Chine ne peut plus produire assez d'huile, et commande cette année pour 9 milliards de dollars de graines de colza à l'Amérique, sans compter d'énormes stocks de soja argentin et du Brésil. On voit à l'horizon de la planète verte une tempête qui se prépare, made in China.

Eric Meyer, à Pékin

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Jeudi 3 juillet 2008

 Le magnat, les cent architectes et la fin des yourtes

Un riche magnat a appelé une centaine d'archis à concourir pour la réalisation d'un nouveau quartier dans la ville d'Ordos, rapporte The New York Times. La consigne : bâtir des maisons qui ressembleraient à tout sauf à des yourtes.

Il n'y a pas si longtemps, les habitants de Mongolie-Intérieure, une région autonome située à 560 kilomètres à l'ouest de Pékin, vivaient dans des tentes sophistiquées appelées yourtes. Aujourd'hui, alors qu'ils sont au nombre de 1,5 million, la plupart vivent dans des habitations comparables à celles des autres grandes villes. Selon le vice-gouverneur Bao Chongming, la région a le deuxième revenu par habitant de Chine (après Shanghai).

En avril dernier, un important groupe d'architectes provenant de vingt-sept pays différents a passé cinq jours à Ordos [ville-préfecture du sud de la région autonome] à la demande d'un magnat local. Cai Jiang – qui a fait fortune dans le charbon et le lait, avant de se lancer dans l'immobilier – les avait chargés de dessiner chacun une maison individuelle suffisamment spacieuse pour abriter des aménagements tels que des appartements pour les domestiques ou des piscines intérieures. Cette opération entrait dans le cadre d'un projet de plusieurs milliards de dollars visant à construire un "quartier culturel".

Ainsi, à l'heure où les marchés de l'immobilier occidentaux se contractent et où les chiffres d'affaires des architectes sont, selon l'American Institute of Architects, à leur niveau le plus bas depuis douze ans, M. Cai offrait à ses invités une chance unique de participer à un grand projet tout en étant grassement payés. "Pour de jeunes architectes qui n'ont pas beaucoup de commandes, c'est prodigieux", se félicite Michael Meredith, venu de New York avec son associée, Hillary Sample.

Située dans le désert de Mongolie-Intérieure, la ville d'Ordos s'est enrichie rapidement grâce à ses énormes réserves de charbon. Pour faire face au surpeuplement du vieux quartier central de Dongsheng, les autorités ont décidé il y a quelques années de construire une nouvelle zone urbaine, Kangbashi, à 30 kilomètres de là. Sa population devrait atteindre 100 000 habitants d'ici à la fin de 2008 et cinq fois plus en 2010. C'est de cette opération que sont nés des projets annexes, comme le quartier culturel de M. Cai.

Ce dernier dit avoir conçu le projet "Ordos 100" dans le but de mieux faire connaître la région et de développer le sens esthétique des nouveaux riches qui y vivent. A l'âge de 40 ans, il connaît bien le mode de vie dont il se fait le champion : il se déplace en Harley-Davidson ou dans une Mercedes conduite par un chauffeur, possède une résidence à Baotou [la plus grande ville de Mongolie-Intérieure] et des maisons à Pékin et à Shanghai, collectionne les œuvres d'art contemporain et apparaît rarement sans un cigare cubain à la bouche.

En 2007, M. Cai a pris contact avec les architectes suisses Jacques Herzog et Pierre de Meuron pour qu'ils l'aident à construire les cent maisons. (Depuis qu'ils ont conçu le fameux stade olympique de Pékin, les deux hommes sont des superstars en Chine.) Plutôt que de les dessiner eux-mêmes, MM. Herzog et de Meuron ont préféré recruter cent cabinets d'architecture dans le monde et demander à leur ami Ai Weiwei, le célèbre artiste chinois, d'assurer la coordination du projet.

Sur les 100 équipes qui ont accepté l'invitation, 28 se sont rendues à Ordos en janvier dernier pour voir le site et rencontrer le client. Ils y sont retournés en avril avec des maquettes.
Nombre d'architectes semblaient pris de vertige à l'idée d'être libérés des contraintes auxquelles ils sont habituellement soumis dans leurs propres villes, où les lois sur la préservation du patrimoine, conjuguées à la rareté des chantiers, font qu'ils n'ont guère l'occasion de dessiner de nouveaux bâtiments. Daniel Rosbottom, un associé de 38 ans du cabinet londonien DRDH Architects, décrit sa ville comme "un environnement difficile pour de jeunes architectes" et Ordos comme "une formidable occasion de construire un édifice de grande envergure dans des délais très brefs".

M. Ai, pour sa part, qui est connu pour son tempérament provocateur, ne s'est pas montré très impressionné par les quelques maisons aux murs courbes censées rappeler les yourtes. "Quand je les ai vues, je me suis dit que c'était une blague", a-t-il confié ultérieurement. Il est vrai qu'Ordos n'a rien d'un campement. "Aujourd'hui, la tribu de nomades, ce sont plutôt ces hommes vêtus de noir", a-t-il ajouté à propos des architectes qui avaient parcouru des milliers de kilomètres pour trouver du travail.

 

Repères
Le tandem d'architectes suisses Jacques Herzog et Pierre de Meuron (prix Pritzker pour l'ensemble de leur œuvre en 2001) ont imaginé le stade national de Pékin conçu pour les JO de 2008. Baptisé "Nid d'oiseau" en raison de sa forme, il a été conçu en collaboration avec plusieurs architectes chinois et l'artiste Ai Weiwei. Le stade est le fleuron des travaux de titan réalisés par Pékin pour accueillir les Jeux olympiques. D'une capacité de 91 000 places, sa surface s'étend sur 258 000 mètres carrés (il mesure 330 m de long, 220 m de large et 69,2 m de haut), et il a fallu utiliser 45 000 tonnes d'acier. Les travaux ont duré cinq ans et sa réalisation coûté 350 millions d'euros environ. Il accueillera les épreuves d'athlétismes des Jeux, ainsi que les cérémonies d'ouverture et de clôture, les 8 et 24 août prochain.

 

Fred A. Bernstein
The New York Times

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Mardi 1 juillet 2008
Le "nid d'oiseau" protégé par des missiles sol-air
 
Pour parer à l'éventualité d'attentats terroristes pendant les Jeux olympiques, Pékin vient d'installer des missiles antiaériens autour du stade national, connu en Chine sous le nom de "nid d'oiseau", du fait de sa structure métallique entrelacée, rapporte le journal singapourien Lianhe Zaobao.

Interrogé par le journal hongkongais South China Morning Post, Ma Xin, le conseiller pour la prévention antiterroriste auprès du comité d'organisation des JO, explique que Pékin ne fait que suivre l'exemple des Grecs, des Allemands et des Sud-Coréens, organisateurs des précédents JO et Coupe du monde. Il refuse d'indiquer le nombre et le modèle de missiles déployés, mais des photos sont déjà publiées sur certains sites, sur lesquelles on aurait reconnu le "Redflag-7" (qui serait une copie chinoise d'un modèle de missile sol-air français), destiné à intercepter des cibles de basse altitude. Certains internautes pékinois se disent d'ailleurs impressionnés par ces missiles déployés sous leurs yeux, scène qu'ils n'avaient vue jusque-là que dans des films, selon un autre journal hongkongais, le Singtao Jihpao.

A l'approche des JO et dans un contexte où Pékin s'alarme d'une agitation indépendantiste supposée accrue, la Chine renforce de jour en jour ses dispositifs de sécurité. Un nouveau commando - spécialisé dans la lutte antiterroriste - de 120 personnes vient d'être mis en place, qui comprend une dizaines de femmes.
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Dimanche 29 juin 2008

 La presse chinoise a disposé d’une liberté sans précédent pour couvrir le séisme du Sichuan. L’appareil d’Etat était dépassé par les événements. Mais il tente aujourd’hui de reprendre la main.

Les images de corps sans vie empilés, de leurs proches en pleurs hurlant de désespoir, de rescapés emmitouflés dans des tenues de l’armée, ont fait le tour du monde. Cela s’est passé le 12 mai dans la province chinoise du Sichuan. Le grand tremblement de terre de magnitude 8, qui a fait près de 100 000 morts [70 000 morts et au moins 20 000 disparus], restera gravé dans nos mémoires. Les centaines de journalistes chinois et étrangers qui se sont rendus sur les lieux de la catastrophe et ont transmis des nouvelles du séisme dès la première heure constituent aussi un événement majeur dans l’histoire de la presse chinoise.
C’est la première fois depuis la fondation de la Chine communiste [en 1949] que les journalistes ont pu travailler aussi librement. C’est aussi la première fois depuis les événements de Tian’anmen, en 1989, que la Chine est le principal théâtre d’opérations de la presse. Mais, contrairement à il y a dix-neuf ans, cette fois, l’initiative en revient au gouvernement chinois. Le rédacteur en chef de Phoenix TV, Lü Ningsi, y voit une évolution logique et non une “décision intempestive”. Cette avancée est le fruit d’années d’efforts incessants de la part des professionnels des médias en Chine pour repousser les limites de l’information.
L’inertie des rouages traditionnels ne pouvait toutefois pas disparaître du jour au lendemain. Le jour même du tremblement de terre, les différents médias chinois ont reçu comme d’habitude des ordres du département de la Propagande leur interdisant de dépêcher des journalistes sur place et leur demandant d’utiliser uniquement les services de l’agence officielle Xinhua. Mais, cette fois-ci, personne n’a respecté les consignes. Leur sens de l’information a fait sentir aux journalistes qu’un événement majeur venait de se produire. Aussi, sans tenir compte des interdictions, ils se sont précipités sur les lieux de la catastrophe avec l’idée de servir comme bénévoles s’ils ne pouvaient pas envoyer leurs reportages. Et le département de la Propagande n’a pas demandé, comme par le passé, aux médias de rappeler leurs journalistes. [Il semble que les journalistes du groupe Nanfang, réputé pour ses enquêtes approfondies, aient finalement reçu l’ordre de rentrer à Canton les premiers jours de juin, mais on ne sait pas si cela a été suivi d’effet.]
“Sur place, personne n’empêchait les journalistes et les bénévoles de passer, et, quand on demandait des renseignements aux autorités, celles-ci se montraient très coopératives”, raconte Long Zhi, un journaliste parti de son propre chef sur les lieux de la catastrophe.
Les médias chinois n’avaient jamais connu cela : au cours de ce tremblement de terre, ils ont disposé d’un espace d’expression ouvert, sans que personne soit là pour les museler. Le changement le plus spectaculaire s’est opéré sur CCTV, la chaîne de télévision nationale. Le 12 mai, à 15 h 12, CCTV a débuté ses émissions en direct sur le séisme. A partir de ce moment-là, la chaîne, forte d’une importante équipe de reporters sur place (environ 160), a diffusé en continu près de 200 heures de direct, établissant ainsi un nouveau record dans l’histoire chinoise du direct télévisé.
Couvrir la catastrophe de façon positive

En Chine populaire, il faut remonter à la rétrocession de Hong Kong, en 1997, pour trouver un précédent. Auparavant, le direct était un mode de diffusion jugé très délicat car impossible à soumettre à une censure préalable. [La télévision diffuse parfois des émissions en “faux direct”, c’est-à-dire avec un décalage de quelques secondes entre l’événement et la diffusion. Cela permet de filtrer les images : lors de la remise de la flamme olympique en Grèce, les spectateurs chinois n’ont rien vu des “perturbations” de la cérémonie.] Pour le célèbre réalisateur et présentateur vedette de CCTV Bai Yansong, la couverture du séisme n’a pas été “un simple direct” : elle a donné une nouvelle image de l’Etat. “Désormais, juge-t-il, aucun retour en arrière n’est possible, on ne peut qu’aller vers plus d’ouverture.” Le 18 mai, les émissions en direct de CCTV avaient déjà attiré plus de 900 millions de téléspectateurs Les journalistes chinois ont dé­montré, à la faveur de cette ouverture, qu’ils étaient animés de nobles idéaux et d’une grande conscience professionnelle. Mais leur comportement leur a parfois valu des critiques. Certains journalistes sont allés dans les hôpitaux interviewer des orphelins étreignant le corps de leurs parents morts dans le séisme, en leur posant ce type de questions : “Ton papa et ta maman sont morts. Que ressens-tu maintenant ?” Au cours d’un reportage en direct, un journaliste en quête de sensationnalisme n’a pas hésité à faire irruption dans le bloc opératoire pour interviewer médecins et blessés ! Les journalistes de Chine populaire ont à eux-mêmes.

La fenêtre donnant sur le Sichuan a été ouverte ; la capacité du pouvoir actuel à gérer la crise est mise à l’é­preuve, et ce test doit se dérouler au vu et au su de tous, sinon la profonde émotion suscitée par la catastrophe et les louanges adressées au gouvernement risquent de laisser place très facilement au désespoir et à la colère. Or l’attitude du gouvernement chinois aujourd’hui paraît particulièrement hésitante. Le 23 mai, la presse a tout d’abord reçu un avis du département de la Propagande, lui demandant de couvrir la catastrophe du Sichuan de façon positive. Ensuite, le 27 mai, les grands portails Internet ont reçu des consignes très détaillées mais difficiles à faire respecter. Ainsi, il leur est interdit de dénoncer les constructions “en fromage de soja” [utilisant des matériaux de mauvaise qualité], qui sont à l’origine de nombreux effondrements ; de dire que le tremblement de terre avait été annoncé par certains spécialistes ; d’attaquer le gouvernement pour la lenteur et l’inefficacité des secours et pour sa répartition incohérente de l’aide matérielle ; d’affirmer que le séisme est l’expression d’une colère ou d’une condamnation céleste [la catastrophe naturelle est dans l’imaginaire collectif chinois un signe annonçant un changement de régime, la perte de légitimité du gouvernement].
Durant la catastrophe, le gouvernement et la population ont été sur la même longueur d’onde comme jamais auparavant. Il était urgent de sauver des vies, et la recherche des responsabilités passait au second plan. Quand, au cours de la première se­maine, alors que l’urgence était à son comble, les médias se sont hasardés à mettre en cause la compétence des équipes de secours gouvernementales et la qualité des constructions, ils se sont fait spontanément vilipender par l’opinion publique. Mais, vingt jours après le séisme, des voix ont commencé à s’élever dans la population pour demander que les responsabilités soient établies, enfonçant, semble-t-il, le gouvernement dans son conservatisme. Le bras de fer entre l’opinion et ceux qui la contrôlent a commencé...

 

Zhang Jieping
Yazhou Zhoukan

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Vendredi 27 juin 2008
Alda Engoian
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Mercredi 25 juin 2008

Comment les provinces chinoises peuvent-elles venir en aide aux victimes du séisme du 12 mai ? La solution du déplacement de population de province à province, grâce à un mécanisme de jumelage, est proposée. Mais elle est loin de faire l'unanimité.

Dans certaines régions sinistrées, les autorités souhaiteraient recourir au déplacement de populations vers d'autres provinces, pour alléger la pression démographique. En effet, de nombreux villages ont été purement et simplement rayés de la carte, et dans les zones montagneuses, les terrains constructibles sont naturellement limités. Mais aucune province ou grande municipalité n'a pour l'instant explicitement donné son accord à l'accueil de ce genre d'immigrés.
Cette idée a d'abord été soulevée par la préfecture de Qingchuan, le 23 mai, par le biais d'une circulaire encourageant les autorités des communes lourdement touchées à faire émigrer une partie des sinistrés vers d'autres régions du Sichuan, mais aussi vers les provinces éloignées du Zhejiang (est de la Chine) et du Shaanxi (nord du pays). Le même soir, l'état-major des secours aux sinistrés à Qingchuan faisait savoir que le district s'était déjà fixé l'objectif d'un relogement de 30 000 personnes vers ces destinations. Au Zhejiang, le programme de relogement reposerait sur le mécanisme de jumelage à vocation humanitaire avec Qingchuan mis en place par le ministère des Affaires civiles.
Quand elle s'est propagée sur Internet, la nouvelle a suscité de nombreux remous. Sur des forums comme Tianya, le débat a fait rage sur l'opportunité de déplacer vers le Zhejiang les sinistrés du Sichuan. Un internaute originaire du Zhejiang a estimé que les nouveaux arrivés auraient du mal à s'intégrer du fait des différences d'habitudes de vie, tandis que d'autres rétorquaient qu'il était de la responsabilité des provinces côtières riches d'apporter leur soutien aux sinistrés.

L'opinion des autorités locales est pour l'instant réservée. Les autorités du Zhejiang ne se sont pas montrées très favorables à l'idée de leurs homologues de Qingchuan. Cheng Ke, directeur du Bureau des affaires civiles de la province du Zhejiang, nous a confié que le gouvernement serait bien obligé de le faire si l'Etat l'exigeait absolument. Pour recevoir des migrants, ils devraient alors prendre en compte toute une série de problèmes économiques et sociaux qui en découleraient, sans parler du coût financier et de la mise à disposition des terrains nécessaires. De son côté, le département de la Propagande du Zhejiang a demandé aux médias locaux de ne diffuser aucune information à ce sujet.

Les inquiétudes du Zhejiang ne sont certes pas dénuées de tout fondement. On a pu voir, avec le déplacement massif de population lors de la réalisation du barrage des Trois-Gorges [à quelques centaines de kilomètres de l'épicentre du séisme], les problèmes sociaux que de tels transferts pouvaient poser. D'après Cheng Ke, le Zhejiang a déjà dû accueillir plus de 9 000 personnes originaires de la région des Trois-Gorges. Comme il était impossible de leur affecter un village entier, ils ont été répartis entre les villes de Hangzhou, Jiaxing et Huzhou. Bien que les pouvoirs publics locaux aient mis à leur disposition des facilités d'emploi et des aides financières, leur intégration à la population locale ne se passe pas sans anicroches : par exemple, ils pensent qu'il est inutile d'avoir une plaque pour servir de taxi, alors que les locaux l'estiment nécessaire ; ils trouvent donc anormal de se faire arrêter pour cela et n'hésitent pas à porter plainte. Ces dernières années, les habitants des Trois-Gorges qui ont été déplacés dans d'autres régions du pays ont souvent choisi de regagner leur terre natale au moyen de la prime de relogement.

Par ailleurs, à Dujiangyan, la municipalité a sondé les habitants des communes les plus touchées de sa circonscription pour connaître leurs intentions, mais sans évoquer explicitement la possibilité d'être relogés dans d'autres provinces. D'un côté, les sinistrés aspirent à quitter cet endroit dangereux pour commencer une nouvelle vie dans des régions plus riches, mais d'un autre côté, le manque de clarté du projet de relogement et les incertitudes inhérentes à toute migration les inquiètent.

D'après un fonctionnaire chargé de la vie quotidienne au quartier général des secours aux sinistrés, il n'y a pas encore de projet national de déplacement de population. Liang Wei, directeur adjoint de l'institut d'urbanisme de l'université Qinghua, à Pékin, considère qu'il faut promouvoir dans tout le pays des mesures d'aide à l'emploi et adopter de nouveaux modes de solidarité pour inciter les habitants des régions sinistrées à venir travailler dans les grandes villes. Cela permettrait de réduire la charge du relogement de la population pour les régions sinistrées, tout en permettant aux victimes du séisme d'oublier leur malheur en menant une vie mieux remplie et d'amasser à nouveau des richesses pour retrouver au plus vite une vie sociale normale.

 

 

Chen Zhongxiaolu, Wang Xiaolin, Zhao Hejuan, Li Zhigang
Caijing

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Mardi 24 juin 2008
Il est aussi absurde de regretter le passé que d'organiser l'avenir.

[ Roman Polanski ]
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Lundi 23 juin 2008

Les Chinois se croyaient égoïstes et voués au culte de l’argent. A tort : l’ampleur de la solidarité après le séisme du Sichuan annonce peut-être une nouvelle ère.

Peut-être la Chine sortira-t-elle transformée de l’an­née 2008 ! Le 19 mai à 14 h 28 [une semaine précisément après le séisme], 1,3 milliard de personnes se sont immobilisées et ont fait silence en même temps. Il faut sans doute remonter à la mort de Deng Xiaoping pour trouver un tel moment de recueillement à l’échelle nationale. L’hommage était rendu cette fois-ci à de simples citoyens, à des habitants comme vous et moi. A la fin des trois minutes de silence, un grand courant d’émotion a parcouru la foule rassemblée sur la place Tian’anmen, qui, sans s’être concertée (ni en avoir eu besoin), s’est mise à scander : “Sichuan, tiens bon !”, “Allez la Chine !” Les gens, le poing levé, étaient en pleurs – comme l’étaient toutes les personnes rassemblées devant leur poste de télévision. Mais cette ferveur ne peut être réduite à du patriotisme. Elle est aussi faite d’amour pour leurs compatriotes.
Trente ans après le lancement des réformes, la condition des Chinois s’est améliorée, mais cela s’est accompagné d’un effondrement des valeurs morales et d’un grand vide spirituel. La population est préoccupée par le manque de sécurité des produits alimentaires chinois, la malhonnêteté de certains marchands ou encore la corruption parmi les agents de l’Etat.
Or, tout à coup, nous avons vu des images étonnantes : celle d’un handicapé se traînant à la force des bras jusqu’à un comptoir de collecte de dons ou celle de ces malades des “villages du sida” de la province du Henan [où la population a été contaminée en vendant son sang], si souvent oubliés, qui ont téléphoné pour proposer leur aide financière – correspondant à un mois de revenus ! Oublions l’avarice d’une minorité de richards et la mesquinerie de certains cadres qui ont fait fortune dans l’industrie charbonnière, pour ne regarder que ces Chinois ordinaires, considérés d’habitude comme des êtres grossiers, ces Chinois qui sont pourtant ô combien admirables !
La construction d’une société ci­toyenne implique une morale ci­toyenne fondée sur la confiance mu­tuelle. Chacun a eu les oreilles rebattues de ces histoires de héros qui ont sauvé des vies au mépris de la leur. C’est pourtant leur caractère collectif qui rend ces ­histoires particulièrement émouvantes, et qui nous fait soudain prendre conscience de l’existence d’une confiance réelle : il est encore possible de confier les enfants aux enseignants et il est encore possible de compter sur les gens de son village pour s’occuper des anciens.
Ces histoires innombrables prouvent une chose : en cas de crise, chacun est prêt à protéger les autres comme les siens, en attendant la réciproque. Il est certain que le tremblement de terre du Sichuan a donné l’occasion à chacun de réaffirmer ses capacités et sa conscience du bien et du mal, et à l’ensemble de la population de réaffirmer la confiance mu­tuelle et l’entraide. Cette tragédie a fortement contribué à l’éveil d’une morale ci­toyenne. De ce point de vue, lorsque les gens crient “Allez la Chine !”, “la Chine” représente ici plus eux-mêmes que le gouvernement.


Des bénévoles accourus sans préparation ni formation

L’Etat a certes démontré sa compétence, et la gendarmerie, les pompiers et l’armée ont été impressionnants par leur abnégation, ne craignant ni la fatigue ni le danger pour sauver des vies. Cependant, il faudrait encore moins oublier le dévouement des in­nombrables volontaires. Pour dire les choses telles qu’elles sont, la démarche de ces gens qui ont accouru sur les lieux au volant de leur voiture, sans aucune préparation ni formation préalable, avait un côté un peu balourd et brouillon. Cela a pourtant permis de libérer une énorme énergie.
On peut se demander quel besoin il y a de solliciter l’aide de bénévoles ou d’organisations non gouvernemen­tales, puisque le gouvernement fait preuve d’une réelle efficacité. La ré­ponse est simple : lors des catastrophes naturelles, c’est une lutte contre la montre et on ne peut pas tout miser sur une seule institution. En 2005, le gouvernement américain a tardé à porter secours aux victimes de l’ouragan Katrina, qui a ravagé La Nouvelle-Orléans, mais de nombreuses associations et entreprises sont intervenues en première ligne, et beaucoup plus vite.
En Chine, les associations se ­heurtent depuis longtemps à de nombreuses difficultés, notamment pour récolter des fonds [pour exister, elles doivent être enregistrées, donc contrôlées par les autorités]. Les personnes enclines à la philanthropie ne savent pas très bien si les organismes recevant les dons sont dignes de confiance. En l’absence de concurrence, certaines associations semi-gouvernementales ont une structure très lourde qui obère leur efficacité. De plus, la levée de fonds par des associations d’initiative populaire leur fait souvent courir le risque de se placer dans l’illégalité [très peu sont habilitées à le faire].

Le manque de maturité des associations explique certaines scènes de pagaille au cours de ces opérations de secours qui ont mobilisé tout le pays. En situation inconfortable, les associations caritatives ont eu du mal à ­collecter sur-le-champ des fonds suffisants et ne disposaient pas d’un grand nombre de bénévoles formés prêts à intervenir dans l’urgence sur les lieux de la catastrophe, comme c’est le cas à l’étranger. Les associations chinoises manquent aussi de mécanismes de coordination bien rodés leur permettant d’échanger des informations et de répartir les tâches avec efficacité. Les grands organismes publics et semi-gouvernementaux, eux non plus, ne sont pas adaptés à cette contrainte.
Depuis trente ans, les pouvoirs publics ont progressivement cédé au marché une partie de leur domaine, ce qui a permis à la Chine d’entrer dans une phase de prospérité sans précédent. Néanmoins, le désengagement du gouvernement a parfois été trop poussé et trop rapide – par exemple dans l’éducation, la santé et les services sociaux. Chaque fois que j’observe les débats à ce sujet, je ne peux m’empêcher de penser : et la place des citoyens dans tout cela ?
Les initiatives populaires qui se sont manifestées du nord au sud du pays pour apporter leur aide aux sinistrés sont encourageantes ; sont-elles le signe que nous sommes entrés dans une nouvelle ère ? Entre le gouvernement et le marché, la Chine commencerait-elle à voir émerger un troisième secteur ? J’espère que cette année hors normes sera un tournant dans le processus de réformes et d’ouverture, qu’elle fera de notre peuple des citoyens sûrs d’eux et pleins d’initiative, et qu’elle fera entrer notre pays dans une ère doublement bénéfique, où nous aurons un gouvernement fort et une société forte.

* Chroniqueur hongkongais.

Liang Wendao*
Nanfang Dushibao

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Samedi 21 juin 2008

Dans l’imaginaire traditionnel ­chinois, une grave catastrophe naturelle est forcément l’expression de la colère du Ciel – tiannu – contre les humains. C’est aussi l’annonce d’une possible remise en cause du mandat céleste, source de la légitimité politique du pouvoir.
Mais qui parle de colère du Ciel à propos du séisme au Sichuan ? Personne. Le terme est soigneusement évité par la presse chinoise, Internet compris. Pourquoi cette omission ? L’idée est-elle démodée ? Les Chinois sont-ils tous devenus trop matérialistes et donc peu superstitieux ? Non, car l’expression fleurit sur les sites en chinois en dehors de la Chine. Ainsi, malgré une relative transparence dans la gestion de cette terrible catastrophe, il existe manifestement une ligne rouge à ne pas franchir.
Mais il sera plus difficile de chasser ce sentiment ancestral de l’esprit de la population que de lui ­interdire d’en parler. D’autant que, il y a moins de deux ans, la Chine ­célébrait en grande pompe le trentenaire du tremblement de terre de ­Tangshan, qui avait officiellement fait 240 000 morts. Le séisme de juillet 1976 avait précédé de peu la mort de Mao et finalement inauguré l’ère de Deng Xiaoping.
Que se passera-t-il cette fois ? Le gouvernement prend les choses au sérieux, comme le montrent la rapidité de sa réaction, son ouverture vers le monde extérieur et surtout ses gestes inhabituels envers les victimes. Il a autorisé une interruption du parcours de la flamme olympique et ordonné un deuil national de trois jours et la mise en berne du drapeau national. Les internautes clameront que c’est bien la première fois que la République populaire s’incline devant des citoyens de base ! Les plus traditionnels diront que c’est une version moderne du décret de repentance de l’empereur, par lequel celui-ci tentait d’éviter le changement de mandat céleste.

Chen Yan

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Jeudi 19 juin 2008

Près d'un mois après le puissant séisme qui a frappé la province du Sichuan, la presse chinoise passe en revue les implications économiques et juridiques de la reconstruction.

Ce que le puissant séisme du 12 mai a détruit en moins d'une minute, il va falloir huit ans pour le reconstruire. C'est ce qu'indique le calendrier de reconstruction fixé par la Commission du développement et de la réforme de la province du Sichuan, rendu public le 3 juin dans le quotidien cantonais Guangzhou Ribao. La reconstruction se déroulera en deux phases : les trois premières années (2008-2011) seront celles de la "reconstruction" proprement dite, et les cinq années suivantes (2011-2015) viseront le "développement" et la "relance de l'économie locale". Le budget nécessaire avoisinerait les 200 à 300 milliards de yuans" (20 à 30 milliards d'euros), estime un économiste dans une interview accordée au Yangcheng Wanbao, un autre journal cantonais.

Le lendemain, le gouvernement chinois a promulgué à son tour une directive sur ce sujet, donnant ainsi des lignes directrices et un cadre juridique aux actions de reconstruction. Selon l'agence de presse officielle Xinhua, la directive tente de répondre à la vague d'indignation soulevée par la défaillance de certains bâtiments publics pendant le séisme, notamment des écoles et des hôpitaux. Ce texte, qui met par ailleurs l'accent sur la "transparence" dans l'utilisation des fonds et la prise de décision, exige que les critères antisismiques de ces immeubles soient revus à la hausse et rigoureusement appliqués.

Outre le bilan humain, qui s'élève à près de 70 000 morts et à environ 20 000 disparus, des bilans économiques commencent à être dévoilés. Le journal économique
Shanghai Zhengquan Bao rend compte minutieusement de l'impact inégalement subi par les différents secteurs. Les industries lourdes comme la mécanique, la sidérurgie, l'exploitation pétrolière et minière ou encore la chimie, très présentes dans cette région, ont été gravement endommagées. Non loin de l'épicentre, la ville de Deyang, importante base de l'industrie équipementière et automobile chinoise et qui héberge par ailleurs de nombreuses usines militaires, a estimé sa perte directe à plus de 200 milliards de yuans (20 milliards d'euros). La remise sur pieds de l'économie régionale risque de prendre du temps ; les travaux de reconstruction devraient engendrer une forte demande dans les secteurs de la cimenterie et de la sidérurgie, mais les producteurs locaux, sinistrés, ne devraient pouvoir reprendre leurs activités normales que dans un ou deux mois.

Le séisme a aussi frappé le secteur du tourisme, l'une des locomotives de l'économie régionale. Un responsable provincial du tourisme estime la perte directe du secteur à plus de 50 milliards de yuans (5 milliards d'euros). Il craint qu'avec une infrastructure dévastée et le choc psychologique l'effet néfaste ne perdure à long terme. Mais la solidarité de leurs confrères est encourageante : deux agences de Shanghai ont lancé l'initiative d'un "tourisme solidaire" pour aider le Sichuan à se redresser, rapporte le même journal shanghaien.

Une législation insuffisante

La reconstruction ne serait-elle pas aussi une occasion pour repenser la structure de l'économie régionale ? Nombreux sont les économistes qui croient qu'au lieu de fabriquer un "clone du passé" on devrait en profiter pour intégrer les nouvelles technologies, plus respectueuses de l'environnement. Certains projets en cours seraient remis en question, comme l'usine de polyéthylène que le géant pétrolier China Petrol était en train de réaliser à Pengzhou, situé tout près de Chengdu, la capitale de la province. Inquiets des nuisances éventuelles, les habitants de Chengdu avaient déjà organisé une marche silencieuse le 4 mai, huit jours avant la catastrophe. Pengzhou ayant été fortement touché par les secousses, la construction a été suspendue. Une directrice de China Petrol a pourtant affirmé que le chantier reprendrait si l'expertise n'indiquait aucun dommage majeur. La direction économique du gouvernement, quant à elle, préfère jouer la carte de la continuité. Selon le
Huaxi Dushi Bao, journal local du Sichuan, aucune révision fondamentale n'est encore prévue pour le plan de développement de la "zone industrielle Chengdu-Chongqing", élaboré en mars dernier.

La reconstruction soulève aussi une multiplicité de questions juridiques, dans un contexte où les conflits autour de la propriété de la terre sont jour après jour plus flagrants. Or la Chine s'est dotée en octobre dernier d'une loi sur la propriété individuelle, consacrant la prise de conscience de la population sur ses droits. Les médias ont fait massivement appel aux juristes pour répondre aux questions des sinistrés : à qui revient le droit sur des terrains agricoles si la personne qui en jouissait n'est plus ou si ce lopin de terre a été lui-même englouti ? Que faire des citadins qui ont engagé un prêt pour acquérir un logement, maintenant effondré ? Le Jiancha Ribao